Les plaines de Nouvelle-France

15 mai 2021

Critique par Micheline Poulin

Le coffret Femmes de liberté compte quatre romans. Le premier tome porte sur les événements précurseurs de la bataille des plaines d’Abraham et ses conséquences sur le contingent des soldats français et les colons francophones. Des personnages historiques et fictifs se mêlent pour offrir un merveilleux tableau de la vie et des amours en Nouvelle-France, vers 1756, alors que Gaillard de Candiac, nouvellement débarqué, fait la connaissance de Françoyse, une belle du pays. Ils finiront par convoler et elle mettra au monde un fils, Charles.

Je ne doute pas du travail de recherche colossal de l’auteur pour réunir les informations historiques et ensuite dresser le plan de son excellent roman dans une synthèse toute magique, comme si nous y étions. Dès le départ, je me suis attachée à Gaillard, un personnage fictif, fils d’un paysan employé du marquis de Montcalm. Avec 1200 hommes, Gaillard accompagnera Montcalm, mandaté par Louis XV pour diriger ses armées en Nouvelle-France. Louis-Antoine Bougainville, ancien mousquetaire et aide de camp de Montcalm, est un personnage historique très présent tout au long du roman, ainsi que Pierre de Rigaud de Vaudreuil, gouverneur général.

Les difficultés de la traversée, les beautés et les rigueurs de l’hiver et les belles descriptions du fleuve, de Québec et de Montréal précèdent l’aspect plus militaire du roman. L’auteur présente les politicailleries des hommes qui faisaient partie de la grande société et pour qui l’appât du gain était la priorité. Les ennemis jaloux de Montcalm et ses proches sont nombreux. Les tentations et la luxure des grands salons de Montréal constituent le calme avant la tempête… C’était l’époque où un homme pouvait chérir une boucle des cheveux de sa belle, gardée contre son coeur.

Puis, la chute de Louisbourg et la flotte anglaise dans l’estuaire; les événements se précipitent. Du côté de la Nouvelle-France, il est difficile de concilier tous les éléments: soldats français, milice canadienne, Premières Nations… L’armée anglaise était une machine à tuer, avançant en rangs serrés, brûlant tout sur son passage. Les forces en présence différaient autant par l’expertise que par le nombre. Le combat était perdu d’avance…

Une citation: «Les bulletins de victoire font toujours abstraction du prix de la gloire.»

Je ne peux que donner une note parfaite à ce roman où évoluent hommes et femmes, braves et couards, honnêtes et traîtres, dans un pays de froid et de contrastes. Le devoir, l’espoir, l’amour, la haine, la jalousie et l’amitié y sont traités avec justesse. Dans cet excellent roman, François Guilbault offre les couleurs, les saveurs, les odeurs et la douleur du sang versé d’un peuple.

Quatrième de couverture :
«1756. Gaillard, un jeune paysan au service du marquis de Montcalm, s’embarque avec son maître pour le Canada. On le connaîtra dorénavant sous le nom de Gaillard de Candiac, comme s’il était noble. Lors d’un souper chez le gouverneur général Vaudreuil, il croise le regard d’une fée. Françoyse Pasquin vient de l’envoûter. Séduite, la Canadienne acceptera-t-elle la supercherie du faux titre? Dans ce pays où tout va à la dérive, Gaillard se retrouve au coeur de la tourmente. Malgré la menace anglaise et les conflits armés, le nouveau pays étend son emprise sur lui. Il y voit sa terre, sa descendance, son futur. Ses aspirations et son amour pour Françoyse ne peuvent cependant altérer le funeste destin de la colonie. Le 13 septembre 1759, Montcalm affronte Wolfe aux portes de Québec. Le sang coule sur les plaines…»

***

Femmes de liberté – Tome 2

Pour lire ma critique de 13 étoiles, volume 1, cliquez ici.

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