13 étoiles, volume 2

13 juin 2021

Critique par Micheline Poulin

Dans ce tome, l’auteur nous propose un portrait de la Caroline du Sud à l’aube et pendant la guerre d’Indépendance. Il nous fait vivre la chute de Savannah, mise à sac par les Anglais. La guerre d’Indépendance adopte les couleurs et les drames d’une guerre civile, sournoise entre Tories et Patriotes.

J’y ai trouvé plus de place encore pour les femmes que dans les tomes précédents et un souci du détail dans la description des mœurs de l’époque. Même en temps de conflit, la vie continue avec des veillées sur la galerie, alors que les rumeurs des batailles approchent. Des hommes font la cour et Françoyse reçoit une demande en mariage tandis que d’autres apprennent à se servir du mousquet à la cachette.

Françoyse comprend vite l’atrocité particulière de cette guerre: en Nouvelle-France, le peuple se battait contre l’invasion, un ennemi qui voulait les terres, asservir, refuser le culte, un ennemi d’un autre sang, l’Anglais. Dans les treize colonies, les sujets font la guerre au maître gouvernant. C’est une rébellion. Les coloniaux tuent des soldats qui parlent la même langue et professent la même foi. La population se range d’un côté ou de l’autre. Les voisins se tirent dessus. «Quand l’Anglais partira, comment guérir?»

Sur fond de guerre d’Indépendance, les Blancs, que ce soient les Tories ou les Patriotes, ne fonctionnent que pour les Blancs, reléguant les Noirs, Indiens et Métis au rang des animaux. «On punirait un homme qui fouette son cheval au sang. On ne fait rien pour un homme qui fouette un Noir jusqu’à ce qu’il perde connaissance.»

J’ai aimé la tendresse présente dans des relations d’amitié ou d’amour. Un premier cadeau d’anniversaire. La première fois que l’on murmure le prénom de l’autre. Le besoin d’aimer. Des rêves, malgré tout. Des bonnes œuvres. L’espoir que la guerre finisse un jour. Des croix qui brûlent. Des massacres. Waxhaw et, dès lors, les Patriotes ne feraient plus de quartier.

Mais est-ce que l’amour est plus fort que la guerre? Est-ce que l’avenir de nos personnages de descendance française est en Amérique?

L’écriture est fluide et les péripéties enlevantes. Les personnages de Françoyse et de Moone sont sensibles, courageux, justes. Les événements historiques sont rendus de manière intéressante. L’auteur sait raconter l’histoire dans l’Histoire.

Je recommande la série Femmes de liberté sans hésitation.

Quatrième de couverture:
«1779. La Révolution américaine est loin d’être terminée. À 17 ans, Moone se désespère des absences prolongées de Lucien, retenu par ses devoirs militaires. Le vide s’est fait autour d’elle. Salina, son amie d’enfance Cherokee, est repartie chez les siens. Kathryn, l’ancien amour de son frère Charles, se retrouve mariée à Augustus McClelland, un homme brutal. En plus de vivre le tourment de savoir Lucien blessé au combat, Moone est rongée par le doute. Ses racines étant en Amérique et celles de son compagnon en France, se pourrait-il que, même après le conflit armé, Lucien ne revienne pas vers elle? Devra-t-elle renoncer à son rêve d’ouvrir une école de français à Charleston? Pourquoi ne serait-ce pas à lui de tout abandonner pour leur amour? Une fois la guerre terminée, le comte de Boissières l’abandonnera-t-elle?»

***

Femmes de liberté – Tome 1

Pour lire ma critique de Les plaines de Nouvelle-France, cliquez ici.

Femmes de liberté – Tome 2

Pour lire ma critique de 13 étoiles, volume 1, cliquez ici.

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