Uiesh – Quelque part

31 octobre 2020

Critique par Émilie Morin

Si j’ai découvert mon intérêt pour la poésie grâce à Regards et jeux dans l’espace, d’Hector de Saint-Denys Garneau, c’est avec Un thé dans la toundra/Nipishapui nete mushuat, de l’autrice innue Joséphine Bacon, que j’ai appris à pleinement apprécier ce genre littéraire. Marquée par ce recueil lu il y a déjà quelques années, j’ai enfin pris le temps de m’abandonner une seconde fois à la poésie de Bacon, avec cet ouvrage bilingue (français et innu-aimun) paru en 2018.

Sans surprise, je n’ai pas été déçue. Tout comme dans Un thé dans la toundra/Nipishapui nete mushuat, Bacon explore les thèmes du territoire, de la transmission et de la tradition avec toute la délicatesse qu’on lui connaît. Là où Un thé dans la toundra/Nipishapui nete mushuat nous faisait vivre le territoire, Uiesh – Quelque part nous fait vivre la mémoire. J’admire la façon dont Bacon nous transmet, avec tant de beauté, toute l’horreur et la souffrance vécues par son peuple. Le trauma, loin d’être le sujet central de ce recueil, transparaît; subitement, nous nous mettons à la place de l’autre, admettant sa douleur, alors que nous découvrons ses repères et que nous remettons en question les nôtres.

Joséphine Bacon signe encore une fois une oeuvre magnifique, que je conseille à toutes et tous, particulièrement aux lectrices et lecteurs qui ne sont pas habitué.e.s à la poésie. Ce magnifique recueil vous charmera assurément.

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