Wolf Hall

31 octobre 2020

Critique par Émilie Morin

(VF: Le Conseiller, T. 1: Dans l’ombre des Tudors)

Est-il légitime d’avoir trouvé son livre de 2020 avant la fin de 2020? J’aurais tendance à dire que oui, car je ne pense pas qu’une éventuelle lecture cette année saura me donner des frissons de bonheur autant que l’a fait Wolf Hall, de Hilary Mantel. Non seulement il s’agit de ma (très probable) lecture préférée de 2020, cet ouvrage a également su se frayer un chemin direct sur la très prestigieuse liste de mes lectures favorites de tous les temps.

Wolf Hall nous porte au coeur de l’Angleterre d’Henry VIII, au moment où celui-ci souhaite divorcer de Catherine d’Aragon pour marier Anne Boleyn, une décision qui a changé à jamais la face du pays. Mais Henry VIII n’est pas le personnage principal de Wolf Hall; c’est plutôt Thomas Cromwell, conseiller du roi et habile manipulateur qui ne doit son succès qu’à lui-même, que le lecteur suit et apprend à apprécier au fil des pages et des années – le roman couvre la période de 1521 à 1535. Mantel fait un excellent travail de développement des personnages, en plus de l’ajout de centaines de références à des événements, personnages et lieux historiques. Même si on se doute bien que Wolf Hall ne soit pas entièrement fidèle à ses sources, Mantel offre aux acteurs de notre Histoire une dimension humaine et profonde qu’il est difficile de ne pas apprécier.

On ne peut évidemment pas parler de Wolf Hall sans mentionner la superbe prose de son autrice, qui est un vrai régal. Chaque phrase est nuancée, pleine de sous-entendus, et il vous arrivera sans doute d’en relire quelques-unes une ou deux fois avant de les comprendre parfaitement. Wolf Hall n’est pas une lecture facile et nécessite un réel effort intellectuel, particulièrement si vous souhaitez le lire dans sa langue d’origine, mais ceux qui sont prêts à relever le défi se verront largement récompensés.

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