Olivia Vendetta

20 août 2021

Critique par Corinne Boutterin

Évacuons tout de suite le méchant: j’ai détesté la finale de ce roman. D’autant plus que je l’ai adoré jusqu’à l’accomplissement de cette vengeance finale, qui ne ressemble en rien à celle à laquelle je m’étais attendue. Si, comme moi, vous êtes en déficience de psychopathie, vous pouvez sans problème arrêter au bas de la page 234; l’auteur nous fournit suffisamment de matière jusque-là pour que le livre vaille d’être lu!

Dans un récit non linéaire qui mêle habilement narration au présent, souvenirs, retours en arrière, correspondances, anecdotes, échanges de commentaires Facebook et paroles de chansons, Hugo Meunier nous fait vivre les bonheurs parfois malsains et souvent contrariés de l’enfance, les affres de l’adolescence, les difficultés des relations familiales et sociales, les amitiés solides et le parcours initiatique d’une protagoniste tourmentée à la recherche d’elle-même, en maillant le tout avec le récit d’événements arrivés à d’autres, mais qui participent au traumatisme de cet être d’exception.

Les images sont fortes, les mots percutants et les sujets de réflexion nombreux, dans ce roman dense et sans complaisance, qui nous offre d’intenses émotions.

À la question que se pose l’auteur dans les remerciements, «Est-ce qu’on peut écrire une fiction avec une narratrice trans quand on est un homme?», je ne peux que répondre «oui», quand c’est fait avec autant d’intelligence et d’acuité, et que la narratrice en question est livrée avec une telle crédibilité, à l’instar du reste, des autres personnages.

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