Niko

10 novembre 2020

Critique par Julien Renaud

Voilà un livre humain, touchant.

Niko et son père quittent Beyrouth, au Liban, après un attentat meurtrier à la voiture piégée qui leur vole mère et femme. Ensemble, ils partent à la recherche d’une terre d’accueil, mais cette quête s’avère difficile, impossible, malgré quelques espoirs, ici et là. Le père, soucieux d’offrir une vraie nouvelle vie à son garçon, prend une décision déchirante: séparer leur chemin. Niko, qui aurait préféré rester avec son père, coûte que coûte, complète son déracinement en allant vivre chez une tante et un oncle à Montréal. Mais comment se redéfinir sans fondement aucun? Une partie de lui cherche constamment son père, veut des réponses, une réunion, une confrontation, même. Niko refuse de vivre paisiblement, dans l’inconnu. «Quand l’histoire perd la trace des êtres aimés.»

Comme lecteur, je cherche des écrits qui me touchent, me sensibilisent, me font cheminer, réfléchir. Niko, c’est exactement ça. Non, le scénario ne sort pas de l’ordinaire, avec l’opposition de notre confortable réalité à celle des pays en guerre. Le déracinement et la séparation sont des thèmes souvent abordés. Mais cette histoire ne manque de rien. Elle est parfaite dans sa simplicité, comme l’écriture de Dimitri Nasrallah. Un style sans artifices, un récit linéaire, accessible. Ça se lit tout seul, et cette plume épurée m’a incité à acheter un autre livre du même auteur, qui troque toutefois l’humanité du déracinement pour la bestialité du despotisme. Deux trames opposées, mais unies par l’universalité de son écriture.

Niko ne se hissera sans doute pas sur votre liste de coups de coeur, parce qu’il touche sans bouleverser entièrement, mais il me semble impossible de ne pas l’apprécier. Une lecture qui émeut, en bien et en mal, et qui nous fait valser émotionnellement, en toute sensibilité, en toute fluidité. Un voyage d’émotions sincères et universelles.

Je vous recommande Niko sans hésiter. Ce roman placera votre esprit entre parenthèses, le temps d’une escapade aussi tendre que triste, sans trop vous troubler. J’ai passé un beau moment.

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