L’allégorie des truites arc-en-ciel

24 janvier 2021

Critique par Cynthia Jobin

Max et Cam sont amis. C’est une de leurs seules certitudes. Sauf que la ligne entre l’amour et l’amitié, c’est comme la peau: au fil du temps, elle s’amincit.

Max a un peu le syndrome de l’enfant-roi; cela dit, c’est un gars cool, sociable et insouciant. Sa relation avec ses parents est complexe. Il aime les femmes et les femmes le lui rendent bien. Max aime Cam, surtout, mais il ne sait pas comment s’y prendre avec elle. C’est dur d’aimer quelqu’un quand on a peur de tout gâcher.

Cam est brillante, sensible et meurtrie. Son monde est petit; son coeur, énorme. Elle termine une maîtrise, ira au doctorat. Elle rêve d’être artiste, sera probablement professeure. Cam aime Max, mais c’est dur d’aimer quand on s’est si souvent fait briser. Que faire quand on aime quelqu’un, mais qu’on ne sait pas si aimer suffit?

Mon avis:
C’est sa couverture sobre et douce qui m’a fait tendre la main pour l’ajouter à ma pile d’achats! Ce livre, c’est le récit d’un amour avoué à moitié, ressenti, mais dont la relation est toujours reportée parce que le moment ne semble pas le bon ou tout simplement par peur de blesser l’autre. L’auteure revisite les anciennes histoires amoureuses des deux protagonistes et, grâce à ces moments, l’on prend connaissance de leurs fêlures et l’on saisit bien leurs réticences quant à cet engagement.

Max est un homme touchant. Sa sensibilité s’exprime par ses craintes envers Camille, par son envie de la protéger et de la savoir heureuse. Sa relation avec le père de cette dernière est aussi belle à découvrir. Ils se comprennent et l’on sent qu’ils sont beaucoup attachés l’un à l’autre. Camille, de son côté, est plus réservée et se pose beaucoup de questions vis-à-vis sa vie personnelle et professionnelle. Les dialogues entre elle et Max sont parfois divertissants, touchants ou encore sérieux. L’auteure réussit à nous faire ressentir leur attirance indéniable, la tension amoureuse qui se dégage d’eux, ainsi que leurs blessures et leurs doutes.

«Mon père avait initié Max à la motoneige et j’avais compris,
à les voir aller, qu’il vient un âge où ce n’est plus le
père Noël qui réveille l’enfant chez l’homme, non, c’est simplement
l’occasion d’aller vite-vite sur une machine qui fait vroum-vroum.»

Habituellement, ce genre d’hésitations chez les personnages dans une relation amoureuse me font lever les yeux au ciel, mais pas ici. Peut-être parce que j’ai ressenti leur fragilité, vu leurs plaies toujours béantes, et compris tous ces non-dits entre eux. Le seul bémol est que j’aurais apprécié que l’auteure nous en dévoile plus encore sur la poursuite de leurs rêves, de leurs passions, alors que plusieurs moments sont réservés à une remise en question sur ce sujet. «L’allégorie des truites arc-en-ciel» est une histoire sincère qui évoque la mince ligne entre l’amitié et l’amour, mais c’est aussi un texte qui aborde les attentes des autres versus les nôtres, ainsi que l’importance de suivre notre coeur et de prendre en considération ce qui est essentiel pour soi!

Ma note: 4/5

***

Pour lire la critique de Julien Renaud sur Tout comme les tortues, cliquez ici.

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