La goûteuse d’Hitler

21 février 2021

Critique par Patricia Rainville

J’ai toujours aimé apprendre quelque chose lorsque je lis un roman. Les romans sur trame de fond historique font souvent partie de ceux qui me marquent le plus.

La Seconde Guerre mondiale m’a notamment toujours intriguée, même si je ne suis pas friande des histoires de guerre à proprement parler. J’aime lorsqu’on nous raconte une histoire qui se passe dans les coulisses, sans être plongée au coeur des bombardements.

C’est ainsi que je suis tombée sur La goûteuse d’Hitler.

Le plus fascinant, c’est que ce roman vous raconte une histoire volontairement passée sous silence dans l’Histoire avec un grand H: celle d’une jeune Allemande embauchée comme goûteuse par les serviteurs du dictateur, en 1943.

Tapi dans son refuge, la Tanière du Loup, Hitler craignait d’être empoisonné et s’est donc tourné vers un groupe de femmes, contraintes à avaler ses repas avant qu’il ne les consomme.

Tiraillées entre la chance de manger trois repas par jour en pleine guerre, alors que plusieurs peinaient à s’alimenter convenablement, et la peur que ce repas soit le dernier, ces femmes ont travaillé pour le dictateur sans jamais le rencontrer.

L’existence de ces goûteuses n’avait jamais été documentée jusqu’à ce que la dernière d’entre elles, Margot Woelk, raconte son histoire dans une entrevue accordée à l’âge vénérable de 95 ans, environ 70 ans après les faits.

C’est d’ailleurs en tombant sur cette entrevue que l’auteure italienne Rosella Postorino a décidé d’en faire un roman. Fascinée, elle a voulu rencontrer la goûteuse, mais la dame était malheureusement décédée.

La goûteuse d’Hitler est donc inspiré de l’histoire de Margot Woelk, tout en étant romancé.

Le lecteur découvrira cette profession pour le moins intrigante et fera la rencontre de ces femmes qui ont risqué leur vie trois fois par jour pour Adolf Hitler.

Ce n’est pas une histoire nazie. Ce n’est pas non plus une histoire de champ de bataille. C’est une histoire de femmes. C’est aussi une histoire d’amour interrompu par la guerre et une histoire d’amour interdit. Une histoire touchante et bouleversante.

Le rythme est plutôt lent et il a fallu plusieurs dizaines de pages avant que je ne sois vraiment absorbée par le récit. J’aurais aimé qu’il y ait plus de descriptions des lieux et des personnages, que je n’ai pas été en mesure de m’imaginer instantanément. Mais La goûteuse d’Hitler est l’un de ces romans qui restent en tête plusieurs jours après l’avoir remis dans la bibliothèque. Ces livres qui ne vous envoûtent pas dès le départ, mais qu’aussitôt la dernière page lue, vous savez qu’ils resteront gravés dans votre mémoire.

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