La femme cent couleurs

31 octobre 2020

Critique par Émilie Morin

La poésie a longtemps été absente de mon parcours de lectrice. Un petit recueil à la fois, j’essaie d’élargir mes horizons et, surtout, d’identifier mes préférences dans ce genre qui m’est méconnu.

Paru au cours de l’été, La femme cent couleurs me semble avant tout être une révolte, celle d’une femme qui veut crier au monde qu’elle ne lui appartient pas, que son identité se situe au-delà des limites et des cases qui lui ont été conférées. Petit bijou poétique d’intersectionnalité, le recueil est un cri pour toutes les femmes, particulièrement les femmes racisées, premières victimes d’un système qui abuse d’elles depuis des siècles. Si certains poèmes sont venus me toucher en tant que femme, beaucoup m’ont suscité des questionnements; c’est ce qui rend cette première oeuvre de Jean-Louis aussi forte. Là où on ne peut comprendre, elle nous fait voir. Là où je me suis reconnue en tant que femme, Lorrie Jean-Louis m’a fait acquiescer, et là où je me suis reconnue en tant que privilégiée, elle m’a fait me demander si j’étais une bonne alliée, un questionnement qui ne saurait être trop d’actualité.

L’oeuvre de Lorrie Jean-Louis constitue une lecture nécessaire et pertinente, qui rassemble. La femme cent couleurs plaira nécessairement aux amateurs de poésie, par la force de sa langue, et, plus largement, à tous ceux et celles qui cherchent à découvrir d’autres perspectives et à connaître des parcours différents du leur.

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