Crossroads: la dernière chanson de Robert Johnson

01 novembre 2021

Critique par Sylvie Marcoux

Résumé:
«Lorsqu’ils reçoivent une lettre de Simone Jackson les invitant à venir la rencontrer pour prendre possession d’objets ayant appartenu au légendaire bluesman Robert Johnson, l’historien Donald Kane et l’anthropologue Virginia Craft n’ont rien de plus en tête qu’une publication universitaire qui contribuera à l’avancement des connaissances sur les origines du blues. Mais le contenu de la boîte en fer-blanc que leur remet la vieille dame change tout. Alors que Kane découvre, caché dans la reliure d’un carnet, le texte de la mythique trentième chanson de Johnson, la légende de son pacte avec le diable prend un nouveau sens…»

Mon commentaire:
Après une période de travail intense, j’aime bien relaxer en me plongeant dans un polar ou un thriller. Cette année, mon choix s’est porté sur Crossroads : la dernière chanson de Robert Johnson, d’Hervé Gagnon. Ce roman a été lancé lors du dernier Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean, à l’occasion d’un événement littéraire où était également invité le bluesman Steve Hill. L’excellente entrevue qui a précédé le spectacle a piqué ma curiosité. Hervé Gagnon y racontait que ce livre était le plus personnel qu’il avait écrit et qu’il était différent de ses autres publications. Comme j’ai lu une bonne partie de son œuvre, j’avais hâte de découvrir ce dernier-né. Le thriller se passe en 2021, ce qui est nouveau, et l’auteur, qui est aussi historien, nous transporte de temps à autre entre deux airs de blues et quelques verres de Jack Daniel, dans les années 30-40. On sent qu’Hervé Gagnon s’est fait plaisir en y traitant de musique, une de ses grandes passions. Fidèle à lui-même, il aborde tout de même ses sujets favoris, comme la religion, le diable, la sorcellerie et les mystères, tout en éliminant quelques personnages au passage.

Gagnon est un excellent conteur qui s’amuse avec son lecteur comme un chat avec une souris, en le manipulant au fil des pages. Je vous mets au défi d’être capable de refermer le livre à la fin d’un chapitre, car habituellement, se cache dans le dernier paragraphe un piège qui nous oblige à poursuivre notre lecture. Après deux nuits écourtées et quelque 300 pages, j’ai trouvé comment déjouer ce «voleur de nuit» : en terminant tout simplement ma soirée de lecture en plein coeur d’un chapitre.

Extrait (où l’on parle du contenu de la boîte en fer-blanc remise par la vieille dame, qui était enveloppée dans des mouchoirs de lin):
«Sous le regard fébrile de Donald Kane, elle saisit le paquet qui était posé sur le dessus et le mit sur la nappe. Comme si elle voulait faire durer le plaisir de la découverte, elle prit un premier coin et le rabattit. Elle en fit autant avec le deuxième, puis le troisième et enfin le dernier.
Virginia Craft hurla.»

Un mot sur l’auteur:
Hervé Gagnon est originaire de La Baie. Il détient une maîtrise en muséologie ainsi qu’une maîtrise et un doctorat en histoire. Après avoir enseigné l’histoire et la muséologie dans diverses universités québécoises et travaillé comme muséologue pendant 25 ans, il se consacre désormais à l’écriture. Hormis le fait d’inventer des thrillers et des polars compliqués – ce qui sera toujours un plaisir, jamais un travail –, il aime le whisky, le blues et la guitare. Si vous le cherchez, vous le trouverez dans un petit recoin sombre de l’histoire, en train de débroussailler un détail que tout le monde ignore.
Cet auteur très prolifique compte une cinquantaine de publications, dont certaines sont traduites en polonais et en russe, mais pas encore en anglais. Espérons pour lui que Crossroads : la dernière chanson de Robert Johnson, dont l’histoire se déroule aux États-Unis permettra à son œuvre d’enfin traverser la frontière.

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