Cent millions d’années et un jour

19 septembre 2021

Critique par Corinne Boutterin

À la recherche d’un hypothétique squelette de dinosaure, un paléontologue qui s’accroche à ses rêves affronte les rigueurs des Pyrénées avec l’aide d’une équipe disparate. Mal préparés, inadaptés au terrain et au climat, mal assortis, les membres de l’expédition («Un géant athée amoureux d’une déesse. Un ancien séminariste ventriloque, un guide qui parle la langue oubliée des montagnes. Et un narrateur qui désire avant tout prendre sa revanche sur son passé.») apprendront à travailler en équipe et révéleront le pire et le meilleur d’eux-mêmes dans cette aventure, l’instigateur de l’expédition en profitant pour revisiter de grands pans de sa vie, notamment son enfance.

La plume de Jean-Baptiste Andrea est poétique, imagée, sensuelle. Elle raconte avec puissance les hommes et les relations humaines («Notre guide est arrivé du fond d’une nuit brûlante. L’homme est entré dans une chaleur de caramel, salué de grognements et d’autant d’yeux détournés qui, dans ce monde où rien n’est comme ailleurs, sont signes de respect.»), autant que les lieux («Il flotte dans la pièce un parfum de grand âge. L’inconfort est absolu. Les volets, couverts d’une écaille mauve, ouvrent sur un horizon chamboulé. Vertical.»), l’environnement, l’espace, les éléments et les conditions de vie. «[…] à notre altitude, l’automne n’a pas grand-chose à voir avec celui des plaines. Il n’est pas un simple infléchissement de l’été, un angle qui devient courbe, des journées rabotées et l’édredon qu’on ressort. Ici, l’automne est une bête de chair et de griffes. Quant à l’hiver… Lui, personne ne sait à quoi il ressemble dans ce théâtre de pierres.»

Et cette plume magistrale est au service d’une parfaite psychologie des personnages et d’un récit prenant.

Il m’a été impossible de lâcher ce roman avant d’en atteindre la finale, et il y a de grandes chances pour que je garde longtemps à l’esprit tout ce qu’il comporte de folie, d’émotions et de beauté.

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