Aux vents mauvais

13 janvier 2021

Critique par Sylvie Vaillancourt-Bruneau

Dans les caves d’une maison en démolition, la découverte d’un corps en position de gisant permet à Leoni de rouvrir un dossier de disparition. Non loin de Lille, les germes de la haine ont pris racine et tant pis pour l’illusion d’une campagne paisible. Le Corse est aspiré dans cette enquête avec le sentiment de perdre le contrôle des événements. Il n’est pas le seul, le lieutenant Thierry Muissen vacille et les destins des uns et des autres tourbillonnent, brassés entre passé et présent, à la merci d’un souffle puissant comme celui qui arracha Jean-Toussaint à sa terre et aux bras de Mamilouise pour le précipiter dans ceux de Marie-Eve. Que restera-t-il d’eux quand le rugissement des vents mauvais se sera tu?

Choisi au hasard dans ma liseuse, il a fallu que je m’y prenne par deux fois pour plonger dans ce roman. La première fois, je n’arrivais pas à démêler et les histoires, et les personnages. Je l’ai mis sur pause après une trentaine de pages, pour lui donner une deuxième chance quelques jours plus tard. Au cas où je me serais trompée. Et là, tout s’emboîte: les histoires, les intrigues, les personnages, les lieux. Quelle plume que Piacentini! Quelle profondeur, quelle humanité… Elle nous transporte d’une histoire à l’autre d’une manière si fine qu’on garde toujours une vue d’ensemble. Et que dire de la fin… que je ne vous dévoilerai pas, soyez sans crainte!

Au sortir de ce roman, les mots qui me viennent à l’esprit sont candeur, tendresse, résilience, poésie et humanité.

«Dans cette cave, lui avait vu sa mère. Il éprouvait la sensation de s’être égaré dans une galerie des glaces. Autant de personnes, autant de réalités, autant de blessures.»

«Jean-Toussaint, c’est comme un géant parmi une race qui compte de plus en plus de nains. Et plus ils sont nains, plus ils compensent en occupant des fonctions importantes.»

Ce roman est le septième et dernier à ce jour de la série Pierre-Arsène Leoni. La lecture préalable des autres tomes n’est pas nécessaire, mais je vais reconsidérer la chose, tant j’ai aimé cette auteure.

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