Arrêt d’urgence

31 octobre 2020

Critique par Émilie Morin

(VOA: Snap)

Étudiante en lettres, j’aime beaucoup ponctuer mes lectures obligatoires d’écrits plus légers; et comme les romans policiers captent mon attention rapidement et ne sont généralement pas trop longs, ils sont les parfaits candidats d’entre-deux lectures! Ajoutez-leur une nomination pour le Man Booker Prize, comme ce fut le cas pour Arrêt d’urgence, de Belinda Bauer, et vous êtes certains d’avoir retenu mon attention.

Trois ans après le meurtre de sa mère le long d’une bretelle d’autoroute, Jack Bright, 14 ans et voleur en série, retrouve l’arme du crime dans une maison qu’il s’apprête à cambrioler…

Je ne vous le cacherai pas: j’ai été quelque peu déçue de ce livre. C’est un roman policier mystérieux, mais qui ne conviendra probablement pas aux amoureux des whodunit, puisque l’auteur du crime est dévoilé dès la moitié du récit. L’intrigue est intéressante et réussit à garder le lecteur accroché jusqu’à la fin, mais ce n’est assurément pas la qualité d’écriture à laquelle je m’attends venant d’un ancien nommé du Booker. L’histoire, aussi originale soit-elle, ne réussit pas à sauver complètement l’oeuvre, qui croule sous le poids de personnages typés et souvent sexistes – le duo du policier bourru de la vieille école accompagné par le jeune agent trop bien élevé, on l’a vu dans Mindhunter.

Ce n’est toutefois pas le manque flagrant de féminisme qui m’a le plus dérangée dans ce livre, mais bien le nombre incroyable de coïncidences qui permettent de résoudre le crime. Je suis peut-être trop puriste, mais pour moi, un bon livre utilise la logique dans la résolution de son intrigue. La coïncidence est une technique trop facile et que l’auteur devrait prendre comme un avertissement quant aux limites de la crédibilité de son récit.

Malgré divers faux pas, Arrêt d’urgence demeure un divertissement efficace qui saura plaire aux lecteurs et lectrices qui ne cherchent qu’à alléger leurs pensées le temps de quelques heures.

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