Roman


 

Finaliste

Steve Laflamme pour Le Chercheur d’âme (Les Éditions de l’Homme)

Les amateurs de polars apprécieront ce roman policier de Steve Laflamme dont l’intrigue, pleine de rebondissements, se situe au croisement des traumatismes d’enfance d’un meurtrier tordu, mais aussi du policier qui le traque. L’enquêteur Xavier Martel, sergent-détective peu orthodoxe, tente d’arrêter le « Chercheur d’âme » avant qu’il fasse d’autres victimes. Lui-même marqué par un passé violent, il suit avec un acharnement proche de la fureur les indices laissés par un tueur en série dont le monde fantasmagorique est peuplé des légendes de la lutte professionnelle nord-américaine. Riche de ses détails sur l’univers des lutteurs, ce livre aux dialogues colorés et aux scènes de crime sordides attise la curiosité des plus fins limiers.

 

Finaliste

Emmanuelle Tremblay pour Comme des sauvages (Leméac)

Emmanuelle Tremblay propose un roman dont la beauté de la langue berce le récit des malheurs de générations de femmes québécoises. La fiction illustre les préjudices causés aux femmes par une société machiste où il fallait jouer le jeu des « mâles » pour avoir une place honorable dans le monde. La prose poétique marque les lecteurs dès les premières lignes et introduit progressivement l’histoire de Vivianne, qui retrace le parcours de sa mère et de sa grand-mère. Le titre fort, Comme des sauvages, a fait l’objet d’un choix judicieux, car il décrit bien les luttes sociales entre les genres et les abus des hommes d’autorité. Ce qui touche le plus à travers ce drame, c’est la souffrance terrible qui se cache derrière le traitement de l’hystérie féminine, la douleur lancinante des laissées pour compte.

 

Finaliste

Larry Tremblay pour L’impureté (Alto)

Roman parfaitement cruel, L’impureté mise sur la déformation des apparences. Savante manipulation, le récit capture les lecteurs et le personnage principal pour divulguer la vérité par un jeu de mises en abyme. D’habiles mécanismes textuels s’articulent pour révéler de monstrueux secrets. Même si la clé de lecture est donnée dès la première page, le génie de Larry Tremblay opère pour brouiller les pistes et atteindre la cible en plein cœur. L’originalité dans le traitement des thèmes, les allusions aux lieux et aux événements historiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean ainsi que la fluidité de la langue maintiennent l’intérêt jusqu’à la toute fin. Surprenant, construit comme un labyrinthe, ce livre resserre son étau pour saisir l’essence même de la noirceur qui entache certaines consciences.

 

  

 


Récit, Contes et Nouvelles


 

Finaliste

Jean Désy pour La route sacrée (XYZ)

Jean Désy, avec sa complice Isabelle Duval, s’est surpassé dans ce récit de voyage sur les traces du père Laure. La route sacrée, beau projet d’écriture à quatre mains, raconte l’expérience d’une expédition qui a été imaginée et vécue tel un pèlerinage. Le texte aux nombreux passages poétiques coule comme la rivière Témiscamie, cour d’eau jouxtant les collines de quartzite où se rendent les auteurs accompagnés du prêtre Pierre-Olivier Tremblay. Leur objectif d’atteindre l’Antre de marbre pour célébrer la messe comme le missionnaire jésuite en 1730 repose sur une quête spirituelle où le chemin parcouru rapproche l’être du divin. Près de trois siècles après, l’écho du choc des cultures se fait encore entendre dans cet endroit mythique où résonne un cri sans fin vers l’infini au cœur de la forêt.

 

Finaliste

Louise Reid pour Le jour où j’ai tué l’anxiété (Les Éditions Québec-Livres)

Le parcours de Louise Reid est offert avec une grande générosité dans ce récit autobiographique qui dresse le portrait-robot du tueur silencieux ayant guetté l’écrivaine depuis son âge le plus tendre : l’anxiété. Pratique, ce livre donne plusieurs trucs pour s’attaquer aux troubles anxieux. L’auteure expose son point de vue dans toute sa vulnérabilité et ose remettre en question les approches cliniques des psychologues en critiquant certaines thérapies. Décrivant avec intensité les sensations liées aux états anxieux, Louise Reid sait démystifier les causes et les symptômes grâce à une écriture simple et efficace qui invite à l’introspection et à l’examen de soi-même. Au final, de sa recherche de bonheur naît un guide utile pour terrasser le mal intérieur.

 

 


Intérêt général


 

Finaliste 

Jean Désy pour Amériquoisie (Mémoire d’encrier)

Dans Amériquoisie, Jean Désy explore ses thèmes de prédilection : le nomadisme, l’occupation du territoire, le métissage et la nordicité. À lire et à relire, son essai poétique transporte le lecteur dans le nord du Québec, dans des déserts aux États-Unis et ailleurs où il fait bon vivre sa liberté, celle du corps et de l’esprit. Invitations puissantes au voyage, les réflexions du médecin-explorateur font du bien puisqu’elles procurent des moments d’élévation de l’âme. Pleins de spiritualité, ses vagabondages nordicistes soulèvent des interrogations profondes et témoignent d’une quête de l’essentiel. Ses descriptions, véritables perles littéraires, suscitent des émotions fortes : la beauté de son écriture transcende les paysages et les êtres qui ont croisé son chemin.

 

Finaliste

Patrick Guay pour Jacques Spitz, le mythe de l’humain (Presses universitaires de Bordeaux)

Avec cet ouvrage de haut calibre, Patrick Guay fait redécouvrir Jacques Spitz, un auteur de science-fiction français méconnu. Ce livre, issu d’un travail de recherche remarquable, dresse un portrait riche en détail de l’écrivain et de son œuvre. Même si le sujet est de niveau universitaire, l’écriture agréable rend accessible la fine analyse du parcours littéraire de Spitz qui le replace dans son contexte tout en y apportant un éclairage nouveau. Les citations habiles des passages du journal intime ou des textes de Jacques Spitz permettent d’entrer dans son univers complexe. Le choix de présenter deux nouvelles inédites à la fin du volume ajoute de l’intérêt à la lecture, car en plus de faire ressortir le talent de Spitz, ces textes font écho aux propos de Patrick Guay.

 

Finaliste

Rémy Simard pour Ligue de garage (La Pastèque)

Les joueurs de hockey amateurs et leur entourage se reconnaîtront dans cette bande dessinée aux clins d’œil humoristiques. Les anecdotes de l’auteur sur la création de sa ligue de garage garantissent un grand divertissement. Avec ses dessins rigolos et ses dialogues tordants, Rémy Simard nous entraîne avec autodérision au magasin d’articles sportifs, sur la patinoire et dans les coulisses de la chambre des joueurs. Au-delà des blagues sur les remplaçants, les horaires de pratique, les arbitres et les blessures, ce livre se démarque par son ambiance de franche camaraderie. Les allusions aux membres de l’équipe sont sympathiques : elles donnent envie de chausser des patins pour rejoindre la gang sur la glace et d’aller prendre une bière après la partie !  

 

 


Jeunesse 


 

Finaliste 

Rose-Line Brasset pour Juliette à Québec (Hurtubise)

Avec ce tome de la populaire série Juliette, Rose-Line Brasset ouvre un nouveau chapitre de la vie de sa jeune globe-trotteuse, mais cette fois-ci, chez elle, dans la Capitale-Nationale, lors des festivités du Carnaval. En la suivant dans les rues de Québec, les lecteurs ont accès à un circuit touristique très inspirant. Le miniguide inclus à la fin du livre est d’ailleurs rempli de bonnes adresses et de leçons d’histoire. En plus de l’excellent carnet de voyage, le roman raconte comment Juliette prend conscience de sa chance d’avoir une mère fantastique en ayant peur de la perdre à la suite de problèmes de santé. En enquêtant sur les allées et venues d’un collègue de classe immigrant, elle s’aperçoit aussi des privilèges des Québécois et de l’importance de s’ouvrir à la diversité culturelle.

 

Finaliste 

Caroline Munger pour Biscuit et Cassonade aiment la ferme (Les Éditions de la Bagnole)

Cet album jeunesse de Caroline Munger possède toutes les qualités pour plaire aux enfants d’âge préscolaire. Accompagnant un texte clair et amusant, les illustrations, inspirées de l’art miniature, reproduisent des activités champêtres de la visite des adorables Biscuit et Cassonade chez leur amie agricultrice Rosette, une jolie lapine qui les invitent à travailler dans les champs, à traire les vaches, à nourrir les cochons, à ramasser les œufs et à participer à la grande récolte. L’auteure réussit à faire comprendre aux tout-petits que la plupart des aliments qu’ils mangent proviennent de la ferme : les légumes, le lait, le fromage, le jambon, etc. Les photos et les aventures de ce livre donneront le goût aux jeunes lecteurs de devenir à leur tour des apprentis fermiers.

 

Finaliste 

Larry Tremblay pour Même pas vrai (Les Éditions de la Bagnole)

Même pas vrai de Larry Tremblay est une excursion poétique au cœur de l’enfance. Ce livre expose une vision des choses hors du commun, celle de Marco, qui fait des reportages avec son micro invisible sur ce qu’il voit autour de lui : sa maison, sa famille, son amie Gina. L’imaginaire de cette écriture atteint celui des lecteurs qui sont habités par les brèches du réel sur la beauté de l’invisible. Illustré magnifiquement par les dessins de Guillaume Perreault, cet album intemporel contient des paliers de compréhension multiples : autant les petits que les grands y trouvent leur plaisir de lecture. Inédite, pleine de lumière, l’œuvre montre que les jeux de l’imagination ne sont pas un problème, même si les parents ne les perçoivent pas toujours avec leurs yeux d’adultes.

 

 


Découverte


 

Finaliste

Kevin Lambert pour Tu aimeras ce que tu as tué (Héliotrope)

Ce roman de Kevin Lambert, avec son écriture puissante et irrévérencieuse, est un appel à la destruction totale. Ovni littéraire comme il s’en fait peu, ce texte a tout pour déconcerter ses lecteurs, sur qui il déverse un flot d’amour-haine sans ménagement. Faldistoire, le narrateur, interpelle Chicoutimi, tel un oracle déclamant sa noire prophétie, lui promettant le sort le plus funeste. Première œuvre virtuose, Tu aimeras ce que tu as tué déstabilise par ses personnages troublants, son réalisme magique, sa violence, son humour cynique, son autoérotisme et son amoralité. Cette fable apocalyptique, bouillonnant magma pulsionnel, critique la société bien-pensante en lui rappelant toutes ces enfances gâchées et détruites sous le couvert du conservatisme ambiant.